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Les auteurs indés de bande dessinée, véritables entrepreneurs ?

UN AUTEUR  INDÉ, C'EST QUOI ?

Un auteur indépendant, c'est une personne qui réalise un livre et qui tente de le vendre par lui-même, sans faire appel à un éditeur. Il est possible de le classifier parmi trois catégories :

 

1/ L'auteur est publié chez un éditeur, mais décide de s'affranchir du système traditionnel. Le plus souvent, c'est parce que l'éditeur ne convient plus, ni à ses besoins (avoir une bonne visibilité et une bonne rémunération), ni à ses ambitions (nombre d'auteurs ont vu leur série s'arrêter au bout d'un ou deux tomes alors qu'ils avaient toute une saga en tête). 

 

2/ L'auteur a été publié mais ne trouve plus d'éditeur pour ses nouveaux projets. Il décide alors de retrousser ses manches, de prendre une grande lampée d'épinards, puis il tente l'aventure en adoptant lui-même le rôle d'éditeur.

3/ L'auteur n'a jamais été publié et ne trouve pas d'éditeur qui lui convienne, voire aucun. Il perd confiance en lui, si bien que le syndrome de l'imposteur le guette. Malgré tout, il décide de se jeter dans l'aventure au risque d'y laisser des plumes. Connaissant les sacrifices et l'investissement que cela implique, le titre de battant serait plus approprié que celui d'imposteur. 

 

À partir de cette classification, on peut considérer que les auteurs indés ne partent tous avec les mêmes flèches dans leur carcan : certains possèdent d'ores et déjà une communauté de lecteurs fidèles, d'autres ont acquis des techniques de dessin qu'ils ont pu expérimenter et faire évoluer en passant par la case "pro". 

Néanmoins, pour tous, l'expérience d'entrepreneuriat était tout à fait nulle. 
Car oui, un auteur de bande dessinée indépendant est bel et bien un entrepreneur, du moins s'il cherche à s'en sortir par tous les moyens...Peu de gens en ont réellement conscience, que ce soit le grand public, ou encore bon nombre d'auteurs qui ont tendance à vouloir conserver leur étiquette d'artistes, ou se voir comme tels.

lecture par paf de la bande dessinée socrate

UN ENTREPRENEUR, C'EST QUOI ?

Dans le milieu des start-up, un entrepreneur est une personne qui lance un nouveau produit et dont l'une des problématiques principales consiste à trouver son propre modèle économique, notamment parce qu'il ne peut pas encore ouvrir de boutique physique.

Le plus souvent, l'entrepreneur tente de résoudre un problème : le fondateur d'Uber trouvait les conditions d'utilisation des taxis trop contraignantes. Celui d'RBNB avait constaté que bons nombres de personnes se rendant à un événement étaient dépourvus de logements, tous les hôtels et lieux d’hébergement étant rapidement réquisitionnés. 
Mais quelquefois, l'entrepreneur possède un produit à vendre qui ne résout pas de problème, ce qui rend sa tâche encore plus difficile !

C'est le cas des auteurs indés : comme on dit," il est plus simple de vendre du Doliprane à quelqu'un qui a mal à la tête, que de la Vitamine C à un individu lambda" *. Un artiste ne proposant pas à ses clients la résolution d'un de leurs problèmes, la tâche pour vendre son oeuvre sera d'autant plus compliquée. À noter tout de même que les ventes de Vitamine C sont apparemment beaucoup plus importantes que les ventes de paracétamol. Comme quoi...

 

Pour ceux qui l'ignorent, trouver son modèle économique veut simplement dire : par quels moyens vais-je faire entrer de l'argent sur mon compte bancaire ?
Dans le cas d'un auteur donc, il y a dix ou quinze ans, on aurait dit d'emblée : en faisant imprimer et en vendant ses propres livres, pardi !
J'en connais quelques uns qui ont essayé et qui ont malheureusement dû déposer le bilan, pour les raisons qui suivent : concurrence avec les maisons d'éditions beaucoup trop rude / diffuseurs et distributeurs fermant automatiquement leurs portes / libraires très difficiles à convaincre / charge de travail incommensurable...J'en passe et des meilleures.

Aujourd'hui, diverses solutions s'offrent aux auteurs. Plateformes de bande dessinée numérique, système de soutien financiers via la plateforme Tipeee, vente de leurs albums par crowdfunding...En France, aucune solution ne permet à ses utilisateurs d'en vivre. Ou plutôt, seule une poignée d'auteurs, qui par ailleurs sont déjà passés par la case éditeur, réussissent à s'en sortir : en effet, ils possèdent une communauté suffisamment grande et fidèle pour acquérir un pourcentage de soutiens financiers conséquent.

Ainsi, les auteurs de bande dessinée indépendants contemporains sont confronté aux mêmes problématiques que les entrepreneurs :
_Trouver différents moyens d'acquérir un maximum de visibilité auprès de leur public potentiel.  
_Trouver une ou différentes façons de vendre leur produit, s'affranchissant du modèle traditionnel qui ne fonctionne plus et barbotant tant bien que mal dans l'ère du numérique.

Un canari de BD se retrouve entrepreneur !

ÇA VEUT DIRE QUOI, ACQUÉRIR UN PUBLIC ?

La réponse à cette question peut paraître évidente, mais en terme de marketing, elle n'est pas si simple.

Pour un entrepreneur, il est primordial de savoir qu'il existe différentes phases d'acquisition d'un public :

 

_Tout d'abord, la phase de sensibilisation : c'est le fait de se faire connaître auprès du grand public. Pour cela, il faut accaparer l'espace public de tous les moyens possibles et imaginables en ayant conscience du retour sur investissement et de ses moyens. À noter toutefois qu'il est tout aussi important de se rendre visible sur les espaces réservés à des "niches" de clients (les lecteurs de bande dessinée franco-belge, par exemple, représentent une niche. Les lecteurs de manga type shonen en représentent une autre). 

 

_Après la sensibilisation, vient la période d'acquisition du public : c'est le moment où ce dernier remarque des qualités au produit et s'y intéresse. Cet intérêt se manifeste de différentes façons : inscription à la newsletter du blog, followin' sur les réseaux, recherches d'informations supplémentaires sur un produit ou sur une oeuvre, etc.

 

_La conversion est le moment où les fans finissent par acheter une oeuvre, ou encore par soutenir l'auteur via un don financier. 

 

_Enfin, la rétention consiste en la fidélisation du public : celle-ci s'opère lorsque ce dernier achète le produit de l'entreprise (ou une oeuvre à l'auteur) et qu'il continue de suivre l'entreprise ou l'artiste dans le but d'acheter les réalisations à venir.

Que l'on aime ou pas le commerce, force est de constater que le mécanisme de vente et de fidélisation est le même pour les auteurs comme pour les entrepreneurs. 

Boo Tchou, canari de la bande dessiné comique et drôle, est content de retrouver ses lecteurs
Boo Tchou retrouve son public !

COMMENT EST-CE QU'ON ACQUIERT UN PUBLIC ?

1/ Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont eu tendance à nous faire croire qu'il était possible d'être enfin visible avec un tant soit peu de travail et de créativité dans la façon de communiquer sur ces derniers. 

C'est oublier à quel point la recherche de visibilité à l'ère des nouvelles technos est rapidement devenue une sorte de ruée vers l'or, avec ses quelques élus et les nombreux laissés pour compte.  

 

Le nombre de blogs et de sites web s'est multiplié de façon indécente en seulement quelques années. Les réseaux sociaux ont été investis par d'innombrables internautes mais aussi, par les entreprises : toute sorte d'entreprise...

Multinationales, PME, TPE, associations, artisans, artistes, micro-entrepreneurs...Noyés dans cette masse, les auteurs ont rapidement compris qu'acquérir de la visibilité allait être plus compliquée que prévue...

Certains accusent les réseaux de ne pas jouer le jeu. Peut-être effectivement que ces derniers pourraient faire l'effort d'offrir davantage de solution pour les gestionnaires de profil professionnel. Néanmoins, il ne faut pas oublier que nos lecteurs, les internautes qui nous suivent, sont  abonnés à des centaines voire des milliers de fils d'actualité différents. À moins d'être connecté 24h/24 sur les réseaux, suivre toutes les publications qui nous intéressent est une mission impossible !

 

Même chose au niveau de la publicité, que ce soit sur Facebook, Twitter ou Instagram : le nombre de comptes l'utilisant augmente de jour en jour. Les publicitaires se bousculent donc pour gagner en visibilité et les plus gros comptes s'en sortent mieux que les autres, même s'il est possible de faire preuve d'ingéniosité en publiant différemment, en ciblant ce qu'on appelle des niches de client, etc...

 

Dès lors, il est primordial d'activer de nombreux autres leviers afin de pouvoir sortir du lot (comme la vente de produits physiques, la participation à des événements, les partenariats avec certains médias, etc.).

2/ Les autres leviers

Pour gagner en visibilité dans le monde de la bande dessinée et en dehors des réseaux sociaux, on peut compter les leviers les plus connus au nombre de cinq :

 

_Exposition sur des plateformes de bande dessinée numérique.

_Tenue d'une galerie sur DeviantArt voire ArtStation, plateformes les plus connues des artistes en tout genre.

_Parution dans des journaux ou médias spécialisés. 

_Le crowdfunding : en réaliser un permet souvent de faire parler davantage de nous.
_Participation à des festivals de bande dessinée. 

Cela dit, le cumul de tous ces leviers ne permet pas à un auteur de toucher suffisamment d'acheteurs potentiels à court ou moyen terme. (À moins, comme on l'a dit précédemment, qu'il se soit lancé en ayant une forte communauté derrière lui).

 

Les raisons sont les suivantes :

 

_Les plateformes de bande dessinées numériques françaises ne sont pas absolument pas populaires auprès du grand public. Elles sont tenues par des passionnés de bande dessinée qui ont un tout autre travail et gèrent ces plates-formes durant leurs heures de "loisir". 

 

_La galerie DeviantArt regorge d'artistes qui interagissent entre eux : sauf erreur de ma part, les "simples" spectateurs ne représentent qu'un infime pourcentage. Sans compter qu'acquérir une bonne visibilité sur ce réseau demande beaucoup d'investissement en temps, chose dont les auteurs manquent cruellement. 

 

_Paraître dans les journaux ou médias spécialisés relève du vrai parcours du combattant. L'auteur qui prend le temps de créer un beau communiqué de presse, voire même un dossier de presse, essuie quelques refus...Mais le plus souvent, des vents cosmiques. Il y a plusieurs raisons à cela : de nombreux médias pourtant spécialisés en bande dessinée, ne s'intéressent pas aux auto-édités ou aux petites maisons d'éditions. D'autres sont gérés par des passionnés qui s'occupent de leurs site lorsqu'ils en ont le temps. Autant dire que vu la ribambelle de demandes qu'ils reçoivent, ils n'ont pas la possibilité de répondre à tout le monde. 

 

_Le crowdfunding consiste à vendre sa bande dessinée au moyen de préventes. C'est un système avantageux dans le sens où l'auteur n'a pas de risques à prendre, sachant exactement combien de livres il doit imprimer et combien seront vendus. Néanmoins, ce système ne fait pas de miracles en terme de visibilité : il permet seulement d'acquérir quelques lecteurs de plus. Quand on pense à l'investissement extrêmement chronophage que demande une telle opération, on se demande parfois si ça en vaut vraiment la peine. Il faut vraiment avoir envie de le faire.

_Participer à des festivals de bande dessinées engendre à peu de choses près les mêmes retombées que le système de financement participatif : à chaque événement, on acquiert une ou plusieurs dizaines de lecteurs supplémentaires. Les retombées sont donc bien minimes en comparaison de l'effort fourni par l'auteur : se déplacer, à ses frais, un jour de week-end voire toute un week-end, sans être rémunéré, embarquant avec lui tout son matériel de dessin et d'exposition, payant parfois son stand de dédicace...Un peu cher payé quand on sait que l'auteur ne se déplace pas pour faire des ventes à quatre chiffres.

 

Tout cela pousse certains auteurs à réfléchir à de nouvelles façons de se rendre visibles. L'exercice s'avère bien compliqué, leurs moyens tant financiers que temporels étant extrêmement limités !

Ils se retrouvent alors soumis à attendre l'arrivée de la solution miracle, qu'on imagine apportée par le biais des nouvelles technologies.

Réfléchir à un modèle économique, c'est épuisant pour un auteur de bd

ET UNE FOIS QU'ON A UN PUBLIC, COMMENT TROUVE-T-ON SON BUZINESS MODEL ?

Pour le moment, il est à peu près le même pour tous les auteurs indépendants ou du moins, pour la poignée qui arrive à en vivre. 

Tout d'abord, l'arrivée de la plateforme Tipeee sur le marché du financement participatif a permis aux fournisseurs de contenus numériques gratuits d'être soutenus financièrement par leurs fans. Ainsi, un auteur qui publie régulièrement les planches de la bande dessinée qu'il réalise proposera à ses lecteurs de le soutenir en passant par Tipeee. Toutefois, avant de prétendre toucher quelques centaines d'euros, l'auteur doit avoir rassemblé une communauté de fidèles followers comptant pas moins de...Quelques dizaines de milliers d'internautes, selon les récentes statistiques !


Au Tipeee s'ajoute ensuite le financement participatif, appelé aussi crowdfunding. 

Tous les deux ans environ minimum, les auteurs invitent leur communauté à acheter leur ouvrage par le biais d'un financement participatif. 

Il s'agit là de réunir une certaine somme afin de financer l'impression et l'envoi d'un ouvrage. Il est assez rare que le processus créatif soit financé. À mes yeux, il est impossible de gérer convenablement un gros crowdfunding (je dirai à partir d'un millier de ventes) sans être un minimum de deux personnes pleinement engagées dans la partie administrative et logistique du projet. 

Vous imaginez bien que ce n'est pas avec un millier de ventes que l'auteur se rémunérera correctement pour les deux années qu'il a passées à travailler sur son album. En effet, dans le meilleur des cas, l'auteur ne gagne que quelques euros sur une vente...Et se retrouve automatiquement imputé de cotisations sociales sur ses bénéfices, à hauteur de 22%.

 

Les auteurs qui ont réalisé un crowdfunding se retrouvent très souvent avec des ouvrages restants chez eux. Cela leur permet de les proposer à la vente lors de festivals de bande dessinée. Encore une fois, les ventes sont beaucoup trop faibles pour espérer en tirer quelque chose d'autre qu'une satisfaction d'avoir rencontré ses fans et quelques nouveaux lecteurs.

 

Bien sûr, on pense aussi aux ventes de goodies, quasiment indissociable de l'activité d'auteur d’œuvres graphiques. Néanmoins, à moins d'être présent physiquement dans des boutiques et centres commerciaux, il est très compliqué de réaliser suffisamment de ventes pour compléter son activité principale.

 

L'impression à la demande proposée par des services comme Lulu ou Amazon aurait pu être une partie de la solution. Malheureusement, si ce système est plutôt avantageux pour les écrivains, il ne l'est pas pour les auteurs de BD.

En effet, un romancier réalise un livre en noir et blanc, qui ne comporte aucune image. La qualité de l'ouvrage proposée par Amazon convient alors tout à fait, pour peu qu'on ne souhaite pas publier un bel ouvrage de collection. Mais l'auteur de BD, lui, doit être en relation directe avec son imprimeur afin de discuter longuement du choix leur paraissant le plus judicieux pour un rendu convenable et pour régler les différents paramètres de pré-impression. Ce n'est pas encore possible avec les offres en cours. On se retrouve alors avec un ouvrage de qualité inférieure à la moyenne, avec une couverture non pas cartonnée mais souple.

 

D'autres auteurs s'ouvrent des portes, le plus souvent en donnant des cours de dessin...D'autres se torturent l'esprit à essayer de trouver LA solution idéale qui conviendrait à la ligne éditoriale de leur ouvrage.

 

Il paraîtrait que Google aurait mis huit ans à trouver son modèle économique. Cela aurait pris cinq ans pour Facebook.

Des journaux d'actualité aussi populaires que Le Monde peinent à vivre du modèle économique qu'ils utilisent pour leur version numérique ; il s'agit en priorité d'espaces publicitaires réservés aux annonceurs et d'un accès Premium qui réservant de nombreux articles à leurs abonnés. 
Petite anecdote : le journal "So Foot", après avoir lancé son offre numérique, a passé 9 ans à mettre de l'argent dans la publicité avant de commencer à toucher ses premiers euros : c'est le format papier qui les sauvait d'une faillite . 

 

 

En conclusion, tout comme pour l'acquisition de visibilité, on comprend pourquoi l'auteur de bande dessinée indépendant pourra passer des années avant de parvenir à dégager des revenus convenables.

ALORS, AUTEUR INDÉ, UN MÉTIER RÉSERVÉ À L'ÉLITE ?

Dans l'écosystème actuel, effectivement, seuls quelques uns parviennent à s'en sortir. J'ignore si ce sont les meilleurs, ce qui est certain c'est qu'ils sont bons dans ce qu'ils font. 
La raison à cela est qu'on a pu voir que les solutions d'acquisition de visibilité, tout comme les solutions de ventes, étaient encore loin d'être satisfaisantes. Si l'on pense aux possibilités que pourraient offrir les nouvelles technologies, il y a vraiment de quoi s'arracher les cheveux.

 

Pour exemple, un réseau social généraliste dédié exclusivement à la culture et permettant aux internautes de créer leur propre librairie, de s'abonner à des pages artistiques, de vendre et d'échanger leurs œuvres numériques, pourrait offrir de nombreuses opportunités de rémunération des auteurs présents sur la plateforme. Il serait aussi en mesure de leur offrir davantage de visibilité. Cela devrait même être l'une de ses priorités : avoir un fonctionnement tel que les artistes peuvent exploiter au maximum de nombreuses fonctionnalités relatives à la visibilité.

 
L'écosystème actuel est à l'image de la société : les marginaux ont toutes les peines du monde à vivre convenablement. Ils ont tout autant à apporter au monde que n'importe quel individu lambda, mais le système économique n'est adapté qu'à ceux qui rentrent dans le moule. Comme c'est de pire en pire depuis des décennies dans la société, ça gueule fort. Espérons que la roue tourne.

  

Et pour les artistes, c'est pour quand ? À quel moment une véritable solution leur sera offerte pour leur permettre de vivre de ce qui pour beaucoup, est une vocation couplée à un savoir-faire acquis par des années d'expérience et de sacrifices ?

Écrit par Skyjoe, auteur de Boo Tchou

*Extrait d'une conférence d'Oussama Amar, co-fondateur de THE FAMILY. 

Commentaires: 5
  • #5

    Skyjoe (dimanche, 06 octobre 2019 09:40)

    @StellliBd : un imposteur c'est quelqu'un qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas, en cachant certaines choses pour bluffer les gens. Toi tu ne caches absolument rien.

    @FlashSG : Merci pour ton retour, ton commentaire apporte pas mal de choses que mon article ne soulève pas ! C'est très intéressant de savoir que pour certains, ça a surtout marché en anglais avant qu'ils ne soient connus en France. Je trouve aussi que c'est une perte de temps de publier sur les plateformes françaises de bande dessinée. Aerinn a réussi à se connaître et traduire grâce à Amilova me semble-t-il, mais c'est un cas parmi de nombreux auteurs qui passent inaperçus...De plus, elle ne vit toujours pas de son art.

  • #4

    FlashSG (dimanche, 06 octobre 2019 03:23)

    Très bon article et il très intéressants.

    J'ai tenté les éditeurs, mais entre la liberté d'être libre dans mon projet. Le fait d'être si peu payé. Donc obligé de continuer à travailler à coté ne m'ont pas donné l'envie de continuer à envoyer des projets. J'ai aussi le gros syndrome de l'imposteur, j'ai tendance à vouloir tout recommencer constamment à chaque fois. Ce qui n'est pas terrible pour fidéliser son publique.

    Les plateformes de bd en France sont à la traîne depuis toujours . Maintenant il faut un format adapté au smartphone (j 'ai regardés mes stats google et c'est quasiment que sur les téléphones que les gens viennent voir mon site, de plus google pénalise lourdement si le site n'est pas adapté aux smartphones et bien regarder car il bug parfois quand ses robots passent).

    Quand j'ai voulu lire sur smartphone ,le peu de fois, ça ramer sur les plateforme de bd fr. c'était une horreur, hors le peu de temps que j’avais c'était dans le bus.

    Le format idéel est le webtoon ou du moins scroller les pages (car charger une page après l'autres il est quasi sur que le lecteur partira c'est le vrai problème des plateformes en France) et surtout se mettre à l'anglais, Boulet son blog a marché d'abord en anglais mais il le dit lui même le blog lui rapporte pas grand choses et les produits dérivé comme ceux de society 6 non plus c'est grace à l'édition classic, Maliki aussi avait une version anglaise et Laurel ben pareil.

    Sur les sites de webcomic en générale ils disent qu'il faut minimum de 2 a 3 ans et publier plusieurs fois par semaines pour avoir une communauté qui soutient. L'auteur de Pepper and carrot a marché bien avant en anglais sur patreon alors que en France via tipeee il a mit plus d'un an. Comparer son tipeee et son patreon c'est sans appel. La comparaison est énorme, ce qui veut dire que pour en vivre ce n'est pas en France et le seul qui en vit vraiment en tout cas ce que je vois sur tipeee c'est uniquement Maliky.
    Maliky a mit aussi des années a en vivre, il le dit lui même qu'il faut beaucoup, beaucoup donner pour recevoir au bout de plusieurs années. Et au final comme tu le dit tous on eu le système classic pour avoir un notoriété et être connu du moins en France c'est comme ça que ça marche.

    Je reviens au plateforme françaises le public est très très jeune, il aime un certains style graphique, d'histoire ,il est très très élitiste. De plus il n'a pas l'argent pour soutenir. Pour moi c'est une pur perte de temps de publier sur un de ces sites, l'autres est automatiques, je publie d'un coup, il gère automatiquement les publications dates et heures, parfait, j'ai des retours, je vois que je suis lue, donc je continue. L'autre il a tuer son site, la première version été très bien .


    Pour Google , il y avait déjà une demande , le problème des moteurs de recherche de l'époque c'est qu'on taper un mots clé ce n'étais pas sur d'avoir une réponse a notre demande. L'algorithme de google a changé la donne et si le site met un mot clé et qu'il y a aucun rapport, il se retrouve supprimé du moteur de recherche, pour ce mot clé. Donc en gros ils avaient le model, mais le temps que ça se mettent en place,.


  • #3

    Stellibd Manga (dimanche, 06 octobre 2019 01:06)

    Ah ba moi je fais partie de la catégorie 3 niveau artistes et mon syndrome de l'imposteur est plus que cruel... Snif... En tout cas, chouette article agréable à lire. Je me demande si un jour on trouvera une solution pour vivre de notre métier...

  • #2

    Skyjoe (samedi, 05 octobre 2019 19:14)

    Oui c'est normal Sam, moi-même avant de monter ma boîte et de m'intéresser à l'entrepreneuriat, je n'avais pas conscience de tout cela... C'est pour ça que j'en ai fait un article �

  • #1

    sc (samedi, 05 octobre 2019 17:27)

    Très très intéressant (là pour du plat en commentaire, c'est plat).
    Je n'ai jamais pris le temps de réfléchir à toutes ces haies qu'il faut sauter les unes après les autres pour exister en tant qu'artiste, pourtant j'existe, je vis, mais (ce que je déteste cette phrase) "je ne gagne pas ma vie" en créant.

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